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LA MÉDITATION

TARA


Mais qu’est ce que la méditation ?

La méditation est une pratique du yoga.

grand pont

Mais on peut pratiquer le yoga sans aller jusqu’à la pratique de la méditation, c’est dommage, car on perd de vue la finalité ultime du yoga…

meditation

On peut aussi pratiquer la méditation sans pratique de yoga… c’est dommage, car l’un des buts du yoga est justement de faciliter la pratique méditative.


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La méditation est aussi une pratique bouddhiste, mais faut-il être bouddhiste pour pratiquer la méditation ?

Extrait du blog http://www.matthieuricard.org

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Matthieu Ricard

"La méditation est fondamentalement un entraînement de l’esprit qui a pour but de développer des qualités telles que l’amour altruiste et l’attention, ainsi qu’une compréhension juste de la réalité. Depuis deux mille cinq cents ans, le bouddhisme a utilisé la méditation pour éliminer l’ignorance et les toxines mentales, c’est-à-dire les émotions destructrices, qui sont les causes premières de la souffrance.

Suivre la voie du bouddhisme permet d’utiliser pleinement toutes les connaissances et l’expérience acquises par des êtres qui, comme le Bouddha, se sont éveillés du sommeil de l’ignorance. Cependant, les connaissances issues de la science contemplative qui constitue précisément le bouddhisme, sont valables pour tous les êtres sans exception. Nous avons tous un esprit, nous sommes tous le jouet d’émotions diverses et nous traversons de multiples souffrances. L’entraînement permet de transformer l’esprit, de maîtriser les émotions destructrices et de dissiper les souffrances. En effet, les nombreuses et profondes méthodes que le bouddhisme a développées au cours des siècles peuvent être utilisées par tous les êtres pourvu qu’ils fassent preuve d’enthousiasme et de persévérance. La méditation a donc une valeur universelle : il serait fort dommage de négliger le pouvoir de transformation de notre esprit."

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La méditation devient une pratique médicale ! Et oui !!

Quelques médecins, pratiquants du yoga et méditants, ont expérimentés sur eux mêmes les apports bienfaisants du yoga et de la méditation sur la santé. Alors ils ont proposés à des malades de méditer, pour voir… et les résultats ont été au rendez vous : amélioration du moral, guérisons plus rapides, plus complètes, récidives diminuées.

Cherchez sur Wikipédia à Jon Kabat Zin, nom du professeur émérite de médecine qui, depuis 30 ans aux Etats Unis et ailleurs dans le monde, à amené la pratique de la méditation de pleine conscience dans les hôpitaux. Le technique arrive, très timidement, en France depuis quelques années.

Les quelques pages ci-dessous vous donneront quelques informations sur ce qu’est, selon nous, la méditation et comment la pratiquer.

Pour en savoir plus, nous avons établit une petite bibliographie à la fin des livres que nous avons lus et étudiés, et que nous jugeons dignes d’intérêts.

Caduceus

Ce qui ne veut pas dire que les autres sont moins bons, mais on ne peut pas tout lire !

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Pourquoi méditer ?

Tangka Tibétain

Il y a en l’homme une tendance qui le pousse à vouloir connaître, à savoir, à découvrir. Cette impulsion est particulièrement évidente chez les petits enfants qui partent ainsi à la découverte du monde autour d’eux. La source de cette tendance est ce que nous identifions comme étant l’esprit, et les fonctions de l’esprit sont les outils mis en œuvre pour connaître, pour explorer l’univers sensible qui entoure l’homme.

Dans cet ordre des choses, il est logique que « cette tendance à vouloir savoir » cherche à « se connaître elle même », à se comprendre. Et là, des difficultés d’un nouvel ordre apparaissent : une caméra ne peut pas se filmer elle même, un canon ne peut pas se tirer dessus, un œil ne peut pas se voir (il ne peut voir que son reflet dans le miroir)... !

Alors, ce qui est connaissant peut il se connaître lui même ?

Et d’où peut venir cette fonction elle même ? Il est possible qu’elle soit le substrat même de l’univers (J.S. Eddungt, prix nobel de physique : “ l’univers ressemble plus à une grande pensée qu’à une grande machine ”...). En ce sens, méditer ne serait nullement une opération vaine et futile mais rejoindrait totalement une sorte d’objectif de la conscience-énergie, de la vie, si tant est que l’on puisse le formuler ainsi, avec cette coloration antropomorphique humaine.

La méditation répond donc à de véritables impératifs pour ceux qui se sentent “ appeler ” :

  • chercher des réponses à “ qui suis je ? ” ; “ que suis je ? ”

  • connaître ce merveilleux instrument de connaissance qu’est l’esprit


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La méditation au regard des Yoga soutra


Les « Yoga Sutra » de Patanjali est considéré comme le texte fondateur du yoga. Ecrit vers 200 après JC, en voici les 4 premiers versets :

  1. Voici maintenant l’enseignement du Yoga

  2. Le Yoga est la cessation des vagues dans l’esprit

  3. Alors le témoin est établit dans sa vraie nature

  4. Sinon il s’identifie aux vagues…

Yoga Sutra

L’objet même du Yoga est de parvenir à la connaissance de sa propre nature. Celle ci est définie, par les yogis réalisés, comme une conscience lumineuse, omnisciente, accompagnée d’un état de joie, de béatitude, d’extase.

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La conscience vue par Shri Aurobindo

Sri Aurobindo

Revue Yoga de l’énergie, n° 69 :

“ Il y a toujours 2 consciences différentes dans l’être humain, une extérieure dans laquelle il vit ordinairement, l’autre intérieure et cachée dont il ne sait rien ” (Lettres sur le yoga. II.)

Pour la majorité, la conscience extérieure apparaît comme la seule réalité, car liée à ce qui perceptible par les sens et concevable par le mental. Elle s’impose comme rationnelle.

En ce qui concerne l’Etre intérieur, dénommé par Shri Aurobindo l’Etre psychique, voici sa définition

“ Conscience intérieure signifie mental intérieur, vital intérieur, physique intérieur, et derrière eux le psychique qui est leur être le plus profond ” (Lettres sur le yoga. II.)

L’être intérieur est donc désigné comme une conscience disposant d’un physique, d’un vital, d’un mental, intérieurs, qui participent du corps subtil et n’apparaissent pas à la conscience ordinaire.


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Expansion du champ de conscience


Quelques définitions pour « éclairer » le thème.

La conscience de surface

La conscience que nous connaissons est appelée par les méditants “ conscience de surface ”, ou encore , ordinaire, extérieure. Cette conscience est celle qui connaît le monde extérieur, part à sa découverte, nous relie à lui. Elle procède de la perception sensorielle qui s’éduque dès la vie utérine, de la connaissance des objets mentaux qui permet la fonction intellectuelle, le raisonnement.


Cette conscience n’a nullement un fonctionnement idéal. Elle est perturbée, agitée, par toutes sortes de sentiments, émotions, pulsions, désirs, dont la source est intérieure (le subconscient ou l’inconscient), ou venant de l’extérieur, mais dans ce cas c’est qu’elle rencontre un écho à l’intérieur.


Les 2 visages de l’esprit

L’esprit ordinaire, confus et l’esprit éveillé. Les huit consciences et les 5 sagesses.

C’est un enseignement du bouddhisme tantrique.

Se reporter au livre : « Le traité des 5 sagesses et des 8 consciences » , Thrangou Rimpcohé, éditions Claire Lumière.


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Dharana, Dhyana

Dharana

La concentration est reconnue comme la capacité de fixer son attention sur un seul objet et de la maintenir ainsi unifiée.

L’attention maintenue sur une aire limitée de la conscience mobilise la fonction pensée, particulièrement stabilisée, sans dérive par associations d’idées ou d’images.

La conscience par l’activité du mental, a tendance naturellement à se développer dans de multiples directions. Se concentrer évoque le fait de ramener la conscience vers un centre, l’empêchant de se disperser.


Dhyana

La méditation dhyana, apparaît comme la suite logique de la concentration réalisée comme un flux continu que rien ne dérange, donc sans vague ni fluctuation de la pensée. L’activité mentale semble suspendue.

La méditation est un état, non le résultat d’une attitude volontaire. On ne “ fait ” pas de la méditation ; cet état survient par une préparation appropriée et l’attitude juste aboutissant à des conditions favorables.


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Les techniques de concentration du Yoga de l’énergie

(le yoga de l’énergie est la méthode principalement enseignée à l’ADYS).

On connaît l’effet psychosomatique de réaction du mental sur le physique et inversement l’effet somatopsychique où l’attitude physique retentit sur le mental et l ‘état général. Egalement, l’être intérieur aurait une influence discrète mais efficace sur les autres plans de la personne. Cette influence se manifesterait par le canal de l’intuition (en dehors de toute participation du mental) ou bien par la connaissance directe : samyama.

On associe cette connaissance directe ou conscience cognitive, au corps subtil. Par le jeu des sens subtils, cette connaissance atteint la conscience extérieure du corps manifesté.

Ce concept des sens subtils, indépendants des sens organiques, trouve son origine dans la Sâmkhya et son application dans la pratique du Yoga. C’est grâce aux sens subtils que l’on va pouvoir localiser la conscience dans un espace donné, par exemple l’espace frontal, l’espace abdominal ou toute l’ambiance intérieure.


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Instructions de méditation

L’espace

Avoir un emplacement agréable pour méditer : lumière douce, aération, bruits filtrés, décor neutre ou doux, ne pas être dérangé.


Le temps

Méditer « vraiment » est un processus pour la vie entière…

La pratique régulière (journalière !) est la seule assurance pour réaliser des progrès.

Le matin au réveil est le meilleur moment (avant que les occupations de la journée ne commencent, avant que la maisonnée ne soit réveillée…) ; le soir, on ressasse trop les événements de la journée et il est difficile d’être régulier.

Des séances de 20 à 30 minutes maximum sont une bonne durée pour les débutants la première année.

Lorsque l’on a des expériences d’apaisement, on peut commencer à allonger un peu la durée, ou pratiquer différemment ; les maîtres de méditation conseillent de faire de courtes séances, très intenses en concentration, et répétées plusieurs fois dans la journée. Mais c’est une discipline beaucoup plus difficile à gérer !


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La posture :

Assis sur un coussin, le bassin doit être surélevé pour que la colonne vertébrale ne soit pas en inversion de courbures (pas de dos rond).

La colonne doit donc être droite, avec une très légère cambrure lombaire (antéversion du bassin juste esquissée).

Attention aux genoux, articulation très fragile…

Si l’assise sur un coussin s’avère trop difficile, prenez donc une chaise… mais ne pas être vautrée dedans…

La main gauche reçoit la main droite, les pouces se touchent sans se presser l’un sur l’autre.

La tête bien dans l’axe (attention à la tête qui penche sur le coté), et le menton légèrement serré sur le cou (étire la nuque, libère les canaux d’énergie subtile qui circulent dans le cou et la tête).

posture assise

On médite normalement les yeux ouverts, pour diverses raisons et parce qu’il y a un nadi qui relie les yeux au cœur et qui joue un rôle important dans le processus de l’éveil ; mais comme c’est difficile au début, il faut savoir être souple et reposer ses yeux quand c’est nécessaire.


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Qu’est ce que méditer ?

D’abord retenez bien ceci , la méditation, ce n’est pas « faire le vide ».

mudra

Faire le vide est une expression facile et très usitée, qui peut paraître juste quand on parle de « faire » de la méditation, mais qui se révèle absurde dès que l’on pén&eagrave;tre un tant soit peu la pratique méditative.

Méditer, au sens occidental, c’est une réflexion sur un thème, une idée. Par exemple, je médite sur la liberté, sur le bien…

Cette forme de méditation existe aussi dans le yoga et le bouddhisme (Vipassanna en sanscrit, ou lakhtong en tibétain, ce qui veut dire la vision profonde), mais elle s’applique directement sur l’esprit et il y a une technique particulière pour conduire cette méditation. Cette technique exige d’avoir d’abord réalisé dans une certaine mesure l’apaisement de l’esprit, et une certaine clarté de la conscience.

Il y a donc au préalable une autre forme de méditation, (Dharana, Dyana, ou Chiné en tibétain) qu’il faut d’abord pratiquer jusqu’à avoir obtenu l’apaisement des pensées et une certaine clarté dans l’esprit.

Il y a des centaines de techniques de méditation. Ce sont quelques unes de la méditation de Chiné qui sont décrites ci-dessous.


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Méditation du calme mental (Chiné)

Méditation sans support :

Le processus de la méditation au sens du yoga, du bouddhisme, c’est :

  • Etre conscient du contenu de la conscience.

La conscience, c’est comme un « contenant », c’est le psychisme au sens large, l’ esprit.

Le « contenu », ce sont les pensées, les émotions, les images, les fantasmes, les souvenirs, les perceptions…. En fait le « contenu », ce sont tous les « mouvements » qui agitent l’esprit, toutes les activités de l’esprit, tous les « phénomènes » dans l’esprit.

Ce qui « est conscient », c’est ce qui dans notre esprit même, perçoit, ressens, reconnaît… ce qui « prend conscience », c’est encore l’attention, que l’on peut diriger et maintenir sur les différents contenus de la conscience.

Donc la conscience observe et reconnaît ses propres activités.

Méditer, au sens du yoga, du bouddhisme, ce n’est donc pas « faire le vide », c’est l’acte de la conscience qui observe et qui reconnaît ses propres activités, sans faire aucun commentaire, sans porter de jugement.


Risque : analyser, juger, commenter, réfléchir sur ses activités du mental. La conscience n’est plus observatrice, elle est rentrée dans le jeu et participe à l’agitation du mental.

Antidote : couper le flux de commentaires, on observe sans intervenir, on laisse le jeu se dérouler…


Autre risque : s’endormir, ou être dans la torpeur, état agréable mais on n’est plus dans la vigilance attentive, on « dérive » au fil des pensées plus ou moins conscientes.

Antidote  : tendre le dos, s’étirer, respirer plus activement, se rappeler les instructions de méditation : être conscient !


Résultats : après un temps plus ou moins long, les pensées ralentissent, repartent, s’arrêtent, repartent…etc


On vit alors des expériences de calme, de paix, de clarté, de vacuité (absence de pensée), de bonheur.

Il s’agit de moments on l’on fait l’expérience de notre nature profonde, de notre nature véritable, masquée dans la vie courante par toutes nos occupations et désirs qui agitent sans cesse la conscience.

Cette méditation, appelée « méditation sans support » est difficile, les résultats sont en général long à venir (des années en pratiquant tous les jours). Notre capacité de rester concentrer dans cette présence attentive est trop faible.

Différentes techniques permettent un apprentissage progressif et une amélioration de notre capacité de concentration ; ce sont les techniques de « méditation avec support ».


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Méditations avec support :


Méditer sur la respiration :

La conscience se dirige sur le fait de respirer, les sensations de la respiration. Et on compte les respirations de 1 à 21, puis on reprend de 1 à 21, etc… on voit très vite à quel chiffre on s’est arrêté de compter pour « vivre une grande aventure », en fait donc pour se raconter une nouvelle histoire intensément vécue dans l’espace mental mais qui sera aussitôt balayée, oubliée par une autre pensée, une autre émotion, etc.

Alors, sans s’énerver, on reprend à compter à 1….

Une autre façon de faire (plus facile) est de compter en boucle de 1 à 7 puis de 6 à 0, etc.


Méditer sur le point entre les sourcils :

Visualiser (évoquer, créer mentalement, penser à…) une petite perle de lumière entre les sourcils, se concentrer, maintenir l’évocation sans se crisper… si fatigue, relâcher, bouger un peu, recommencer.

Risque : tension mentale, maux de tête, l’énergie du mental part dans les yeux…

Antidote : fermer les yeux, se recentrer au bon endroit, diminuer l’intensité de la concentration, être cool, ce n’est pas un combat !

point sourcils


Lotus-bougie

Méditer dans le cœur  :

Visualiser (évoquer, créer mentalement, penser à…) une petite perle de lumière (ou un bouddha en méditation, ou une fleur) au centre de la poitrine.

Risque : l’émotionnel s’active et on part dans des émotions ou des fantasmes.

Antidote : Voir clairement alors ses émotions et relativiser, ça n’a pas tant d’importance… Le bouddha (détaché des passions) est alors très apaisant.


Méditer sur un point situé 3 à 4 largeurs de doigts sous le nombril  :

Visualiser (évoquer, créer mentalement, penser à…) une petite sphère (taille : balle de ping-pong) de lumière rouge approximativement au centre du bassin

  • par rapport à la hauteur : 3 à 4 largeurs de doigt sous le nombril,

  • à l’intérieur : un peu plus près du sacrum que du pubis).

Ressenti corporel : donne de la stabilité, de la force.

Risque : torpeur ou exaltation de l’égo !

Antidote : faire les autres formes de méditation, alterner régulièrement.


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Quelques livres sur la méditation


Il y a de nombreux ouvrages sur la méditation, il en est édité régulièrement des nouveaux.

En voici quelques uns que nous jugeons intéressants.


Titres

Auteurs

Editeurs

La méditation, conseils aux débutants

Bokar Rimpoché

Claire lumière

Savoir méditer

Bokar Rimpoché

Claire lumière

Bonheur de la méditation

Yongey Mingyour Rimpoché

Fayard

L’Éveil des sens

Jon Kabat-Zinn

Les arènes, coll. « Documents », Paris, 2009

Méditer : 108 leçons de pleine conscience

Jon Kabat-Zinn

Les arènes, coll. « Documents », Paris, 2010

L’art de la méditation

Matthieu Ricard

Nil


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